L'association UnVsti Présente dans le cadre de son événement
"zéro à la tolérance zéro"
Une soirée conférence débat au cinéma Club 6 à 20H00 avec la projection du film
Le Vendredi 01/07/05

En présence du réalisateur Jean-Pierre Thorn
Suivi du débat animé par Paul RECOURSE
Entrée : 3 € Association UnVsti au 06 74 26 69 98
"Film avec de la danse hip hop"
Un film documentaire de Jean-Pierre Thorn
La double peine d’un enfant du Hip Hop
Un portrait de Bouda, jeune danseur Hip Hop de 30 ans, entré en France à l'âge de 4 mois avec sa famille et aujourd'hui clandestin à vie, victime de la loi dite de « double peine » qui, au sortir d'une peine de prison, expulse les enfants de l'immigration vers des pays d'origine qui leurs sont devenus étrangers.
Un destin à la fois individuel et collectif - son utopie et sa chute - l'histoire d'une génération au coeur des banlieues nord de Paris ( le fameux « 93 » ) où naquit en France le mouvement Hip Hop au début des années 80.
Une épopée musicale Hip Hop, dansée et « rappée » puisqu'il s'agit d'une fable, scratchée de « graffs » pour en bousculer ses images et appeler la France à se regarder en face avec sa discrimination d'Etat.
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(*) être une marque de vélo = le summum de la dévalorisation dans l’échelle des signes de promotion sociale.
L’histoire de Bouda...
Entré régulièrement en France à l’âge de 4 mois avec toute sa famille pour rejoindre son père ouvrier immigré de longue date, Ahmed M’Hemdi, de son nom de scène Bouda, a passé toute son enfance à Dugny (Seine Saint-Denis) où il a effectué sa scolarité, avant de devenir un danseur réputé au début du Hip Hop. A l’âge de 13 ans, il se fait remarquer dans l’émission de Sidney sur TF1, puis dans l’effervescence « underground » du centre Paco Rabanne, avant devenir la mascotte du « mouv’ » lors des premiers « Fêtes et Forts » de 1984 et 1985 au milieu du casse-autos du Fort d’Aubervilliers puis aux Francs-Moisins. Plus jeune que la plupart des autres danseurs et « breaker » doué, il rejoint le groupe mythique des « Paris City Breakers » avec Franck le « breaker fou », Scalp, Solo, Willy… puis la première tournée italienne d’« Aktuel Force ».
A l’âge de 19 ans, pris dans la spirale de la toxicomanie, Bouda était condamné pour une affaire de stupéfiants à une peine de 20 mois de prison (qu’il effectua). A sa sortie, il replongeait. Deuxième condamnation plus lourde à quatre ans de prison assortis d’une peine « complémentaire » d’Interdiction du Territoire Français de 5 ans. C’est la « double peine ». Sur la base de cette condamnation, le Ministère de l’Intérieur prononçait un Arrêté Ministériel d’Expulsion : de fait une « troisième peine » à vie.
Ayant purgé ses 38 mois de détention, le jour de sa libération, le 13 janvier 1997, Bouda était embarqué, contre sa volonté, sur un avion pour la Tunisie, pays de ses parents.
Démuni de toute réelle attache familiale, professionnelle ou sociale, après neuf mois d’errance dans un pays, qui lui était en réalité étranger, il décide de regagner la France en septembre 1997.
Bouda a depuis totalement tourné la page de la délinquance et s’est investi sur le plan professionnel en tant que danseur. Son talent et sa notoriété dans les milieux Hip Hop font de lui une figure emblématique. Il a reçu de nombreuses propositions de travail qui ont été présentées à l’appui de sa demande de régularisation. En vain...
Ses parents ont depuis acquis la nationalité française et résident durablement ici avec ses frères et soeurs.
Aujourd’hui âgé de 30 ans, Bouda fait partie de ces milliers de victimes de la « double peine* » pour lesquels une campagne nationale est activement menée : “Une peine. / “
Un comité de soutien à Bouda* s’est constitué. De nombreuses personnalités du monde artistique, du cinéma, de la danse, de nombreux maires et députés, des responsables associatifs, se sont associés à cette démarche en signant une pétition demandant aux Ministres de l’Intérieur successifs d’abroger l’Arrêté Ministériel d’Expulsion de Bouda. |
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